Pourquoi chaque service en ligne n'émet pas la même quantité de CO₂ et comment ces valeurs ont été construites.
Note importante Il n'existe pas de source scientifique donnant des valeurs CO₂ précises en grammes par gigaoctet pour chaque service. Les chiffres ci-dessous sont des estimations raisonnées, construites à partir de données générales sur les data centers et les usages numériques. Ils sont adaptés à un outil de sensibilisation, pas à un audit carbone certifié.
Quand un ordinateur envoie ou reçoit des données, des machines tournent quelque part dans le monde pour rendre ça possible. Ces machines consomment de l'électricité, et cette électricité produit du CO₂. Les grandes entreprises cloud — Amazon, Microsoft, Google — ont investi massivement pour rendre leurs entrepôts de données très efficaces. Amazon a par exemple atteint 100 % d'énergie renouvelable pour l'ensemble de ses opérations en 2023, et ses bâtiments gaspillent très peu d'énergie comparé à la moyenne du secteur. Les services de distribution de contenu comme Cloudflare ou Akamai fonctionnent sur ces mêmes types d'infrastructures optimisées. C'est pourquoi on leur attribue les valeurs les plus basses.
↗ Amazon Sustainability Report 2024 — Data Centre MagazineRegarder une vidéo en ligne, c'est recevoir une quantité de données bien plus grande qu'une page web ou un message. L'Agence Internationale de l'Énergie estime qu'une heure de streaming émet environ 36 grammes de CO₂ avec le mix électrique mondial moyen. Une grande partie de cette empreinte vient de l'appareil qu'on utilise pour regarder. En ne comptant que la partie réseau et serveurs, on arrive à des valeurs entre 4.5 et 5.5 g/Go. Twitch est légèrement au-dessus de Netflix parce que les flux en direct ne peuvent pas être mis en cache à l'avance, contrairement à une série déjà disponible.
↗ IEA — Carbon footprint of streaming videoAucune étude ne donne de chiffre précis par plateforme. On raisonne donc par analogie avec la nature du contenu échangé. TikTok et Instagram sont essentiellement des plateformes vidéo — leur empreinte se rapproche du streaming. Twitter est majoritairement du texte et des images légères, donc on lui attribue une valeur plus basse. Facebook est entre les deux. Ce sont des estimations, pas des mesures.
Les outils de messagerie comme WhatsApp ou Discord échangent surtout du texte et de l'audio compressé, ce qui reste léger en données. La visioconférence — Zoom, Teams — est plus gourmande parce qu'elle transmet de la vidéo en temps réel, sans possibilité de mise en cache. On leur attribue donc des valeurs intermédiaires, par déduction de la nature du flux.
Chaque fois qu'une publicité s'affiche sur une page web, des dizaines de serveurs communiquent entre eux en quelques millisecondes pour décider quelle annonce montrer à quel utilisateur. Ce mécanisme, invisible pour l'utilisateur, génère une activité serveur bien supérieure à un simple chargement de page. On en déduit une empreinte plus élevée que la moyenne, sans qu'il existe de mesure publique précise par service.
Les outils d'IA font tourner des processeurs très puissants, nuit et jour, pour répondre à chaque question. L'Agence Internationale de l'Énergie prévoit que la consommation des entrepôts de données va plus que doubler d'ici 2030, avec l'IA comme moteur principal. Une enquête du Guardian a estimé que les émissions réelles des quatre plus grandes entreprises technologiques seraient environ sept fois supérieures à ce qu'elles déclarent officiellement. On attribue donc la valeur la plus haute du dictionnaire à ces services, même si c'est une extrapolation faute de données publiques précises.
↗ IEA — Electricity 2024 : data centers & AICes plateformes tournent sur des infrastructures publiques en France. Or la France produit environ 90 % de son électricité à partir de sources peu émettrices de CO₂, principalement le nucléaire. L'empreinte réelle de ces services est donc probablement inférieure aux valeurs indiquées ici, qui restent prudentes par manque de données précises.